Frédéric Sautereau est lauréat du prix APPPF Les Photographies de l’Année 2011 organisé par l’APPPF et qui récompense chaque année plusieurs photographes sélectionnés par le jury parmi les professionnels du monde francophone.
Il n’en fallait pas plus pour nous donner envie de tout savoir sur cet auteur photographe indépendant depuis 18 années, qui réalise et produit des sujets sur le long terme (à découvrir sur www.fredericsautereau.com). Frédéric Sautereau travaille également sur des commandes pour la presse, des ONG ou encore des entreprises. Primé par l’APPPF en 2011, résolument noir et blanc pour ses images, Frédéric Sautereau voit son métier haut en couleurs. Il en partage sa vision et son expérience terrain.
Photo (C) Frédéric Sautereau 2010 – tous droits réservés
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Rencontre avec le Prix APPPF 2011 par Isabelle Schmidt pour Nikon Passion
Frédéric, vous avez gagné le prix APPPF de la photo de l’année en 2011. Pouvez-nous nous raconter le contexte de cette prise de vue ?
Je m’étais rendu en Haïti la première fois en janvier 2010 après le tremblement de terre. J’y suis retourné au printemps suivant pour une commande de Télérama. On m’a indiqué un quartier en périphérie de Port aux Princes qui n’avait pas eu les faveurs de visites des ONG. Le quartier d’une vingtaine de maisons était totalement détruit. Après 3 mois, personne n’était encore venu auprès de ces rescapés. J’ai rencontré cette femme devant un abri. Elle avait confectionné de quoi se protéger de la pluie, du soleil et du froid avec des morceaux de bâches.
Le prix de l’Apppf ? En cette période, où le photographe est de plus en plus solitaire dans son activité, les prix permettent de garder confiance dans le chemin que l’on trace.
Photo (C) Frédéric Sautereau 2010 – tous droits réservés
A la vue de votre portfolio, on ne peut que remarquer votre parti pris pour le noir et blanc. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?
Il est vrai que je travaille principalement en noir et blanc. Je l’apparente à une notion de juste distance très importante. Comme nous voyons tout en couleurs, le noir et blanc permet une mise à distance entre le sujet et le lecteur. Cette distance entre sujet et lecteur est capitale pour partager une scène avec respect.
Quel est le parcours qui vous a amené à ce niveau de réflexion et d’expérience ?
A 20 ans, j’ai quitté le lycée bac en poche et suis parti en République Tchèque, en Bohème du Nord. C’est là que j’ai réalisé mon premier reportage, sur la pollution industrielle. La photo s’est présentée à moi quelques années auparavant, au temps de l’adolescence puis imposée lorsque j’investissais le labo photo du lycée et expérimentais le développement.
Autodidacte, mon envie de photo a grandi avec l’actualité. Ma passion est étroitement liée à la volonté de témoigner et de dénoncer. La guerre de Bosnie à mes 18 ans fût un élément déclencheur.
A mes débuts, des photographes m’ont marqué comme Sebastiao Salgado pour son travail sur l’humain, sa réalisation sur la main de l’homme. Il m’a touché et inspiré. Le travail de Josef Koudelka sur les minorités en Europe Centrale est également remarquable.
Photo (C) Frédéric Sautereau 2010 – tous droits réservés
Quels sont les projets qui vous poussent ? Etes-vous toujours autant concerné par l’actualité ?
Effectivement, j’y reste très attentif. Je travaille depuis 2 ans sur un reportage sur le Hamas dans la bande de Gaza. Ce travail a déjà été partiellement exposé et devrait faire l’objet d’une seconde exposition à Angoulême au printemps. J’espère pouvoir éditer un livre également. Ce serait mon 5e ouvrage.
C’est tout ce que nous pouvons souhaiter à Frédéric, qui s’est prêté avec beaucoup de gentillesse à l’exercice de l’interview. Retrouvez son travail sur son site : www.fredericsautereau.com.
Retrouvez les ouvrages de Frédéric Sautereau sur Amazon.
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encore heureusement un génial indigné